... ou se laisser aller au hasard de ses découvertes

Au fil de ses recherches, on est amené à consulter nombres de documents et nombre de pages. L'avidité de trouver "la" réponse peut nous faire tourner les pages au plus vite. Il est cependant toujours intéressant de s'arrêter sur "toutes" les pages ou au moins celles qui paraissent différentes, de se laisser surprendre par ce qui est inhabituel, de prendre le temps de lire à droite à gauche des textes écrits de travers ou après que le registre ait été clos, ou tout simplement de lire ce qui nous intrigue sans qu'on sache pourquoi. On peut aussi se laisser porter par ses recherches (c'est plus particulièrement le cas avec Internet et ses clics faciles) et tomber, de proche en proche, sur un document inattendu. On peut alors faire de belles découvertes, soit en lien avec ce que l'on cherchait mais qu'on n'aurait jamais pensé trouver ici (voire même qu'on désespérait de trouver), soit sur un tout autre thème dont on n'aurait même jamais soupçonné l'existence, mais dont notre curiosité de chercheur se trouvera bien satisfaite.
Même si l'on est ouvert à de nombreuses sources, il est donc bon de s'ouvrir aux divers contenus rencontrés. Ainsi par exemple, ma sérendipité (que je pratiquais alors comme Monsieur Jourdain), m'a permis de :

  • trouver l'acte de naissance d'une ancêtre dont l'acte de mariage en 1791 n'indiquait rien sur sa naissance à part son âge approximatif et à moitié raturé, acte que je ne trouvais pas là où la logique habituelle l'aurait voulue. C'est en parcourant le registre de page en page (faute de table récapitulative en fin de registre, et encore moins de table décennale), à la recherche de toute la fratrie d'un ancêtre d'une toute autre branche et dont je connaissais bien la commune de naissance, que je découvrais l'acte que j'avais arrêté de chercher voire renoncé à trouver. Quelle satisfaction de trouver enfin, par coïncidence et parce que j'avais eu la curiosité de lire cet acte au nom de l'une de mes branches, l'acte qui me manquait et que j'avais cherché pendant si longtemps en vain ! J'en étais dans mes premières années de recherches, et je n'avais alors pas eu le réflexe d'aller voir plus loin que les communes d'origine, de mariage et de vie de ses parents et de naissance de ses frères ; et puis surtout, j'étais rebutée par la lecture ardue d'actes anté-révolutionnaires... Maintenant avec le recul, comme je me rends compte qu'il s'agissait de deux communes limitrophes, je me dis que j'aurais pu forcer la chance, mais cette découverte moins sérendipiteuse aurait eu moins de charme... même si l'acte reste particulier, la mère ayant accouché dans la paroisse où habitaient ses parents (ce que j'ignorais alors), mais où elle était "détenue à cause d'infirmité" ;
  • découvrir, dans la liasse d'actes notariés de 1846 que je feuilletais à la recherche d'un contrat de mariage, le don par un notable à sa commune, d'une partie de champ achetée spécialement à son propriétaire parce qu'il y avait découvert une mosaïque gallo-romaine ;
  • se rendre compte qu'un prêtre a initié les tables décennales bien avant l'heure (en 1668, quand elles apparaissent généralement avec l'Etat civil post-révolutionnaire), et qu'il avait conçu ce "recueil en forme de dictionnaire" avec une rigueur bien supérieure à celle que l'on peut parfois voir quand elles sont officielles ;
  • et bien d'autres choses encore, moins anecdotiques mais pas moins intéressantes sur la vie de nos ancêtres dans les siècles passés.

Sérendipiter, c'est prendre du temps dans ses recherches pour s'instruire et découvrir autre chose que simplement nos ancêtres ; c'est aussi prendre le temps d'avoir la chance de se libérer d'une épine !


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Article écrit par Chantal, le 21 juin 2014

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