... entre les lignes

La majorité des sources d'informations du généalogiste est constituée par des documents écrits. Indépendamment de la graphie qu'il s'agit de bien déchiffrer et de transcrire, il est important de "bien" savoir lire. Ainsi, un acte sera examiné et lu sans précipitation et sous tous les coutures, à la recherche des moindres informations, signes ou indices qui, s'ils semblent anondins sur le moment, pourront se révéler très utiles par la suite.
Le cas le plus typique concerne les témoins cités dans un acte d'Etat civil, plus particulièrement les mariages. A cette occasion, les mariés choisissent souvent comme témoin le cousin Germain, la tante Adèle ou le tonton René, personnes qu'on ne connaît alors pas forcément, mais qui peuvent apporter leur lot d'informations. Lire entre les lignes consiste donc tout simplement à se rendre compte que le cousin Germain a les mêmes grands-parents que le/la marié(e) (c'est d'une évidence même, mais il faut y penser et aller au-delà...). Ainsi, si Germain habite Saint-Beta et que notre marié habite depuis toujours Saint-Alpha mais qu'on n'y trouve pas trace de la naissance de ses parents ou grands-parents, prendre cette piste peut permettre de débloquer une épine et nous faire gagner beaucoup de temps et d'énergie. Il "suffit" de chercher si l'acte de naissance du fameux cousin Germain figure bien à Saint-Beta (par déduction de son âge, tout en faisant un minimum d'hypothèses adaptées), puis de remonter classiquement à ses parents et ensuite ses grands-parents, les ancêtres directs qu'on n'arrivait pas à identifier.
D'autres indices évidents mais auxquels on ne prête pas toujours suffisamment attention sont les mentions marginales : on ne lit plus entre les lignes mais à côté des lignes... Depuis le 17 août 1897 (article 76 du Code civil), les dates et lieux du mariage de l'individu sont portés en marge de son acte de naissance. Ceux de son décès y sont mentionnés depuis l'ordonnance du 29 mars 1945. On peut aussi y trouver des informations relatives au divorce, à un mort pour la France, et bien d'autres encore. Parfois, il faut bien écarquiller les yeux tellement l'écriture est minuscule. Il ne faut donc ne pas se laisser rebuter par des gribouillis illisibles pensant qu'ils sont inutiles, car c'est tout l'inverse, même si on n'arrive pas à tout déchiffrer.
Les ratures peuvent aussi donner quelques indices voire offrir une anecdote. Il n'est jamais inutile d'essayer de les lire.
De nombreux autres indices peuvent être dispersés au fil des actes et des registres : ouvrir l'oeil permettra de les débusquer, de s'interroger ("tiens, c'est quoi cette profession ?!", "mais comment se fait-il que l'individu de cet acte de décès ait été enterré dans le tombeau de l'église ?", ...), il faudra ensuite les interprêter. Des portes seront ouvertes et pourront mener à de bien belles découvertes en connaissant mieux ses ancêtres...

Lire les actes de A à Z est une chose indispensable, lire entre les lignes l'est tout autant. De nombreux déblocages ou de belles découvertes pourront en découler, pour notre plus grand plaisir !


Sources :

Mentions marginales : geneawiki


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Article écrit par Chantal, le 13 juin 2014

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