... un texte (il)lisible

Après avoir déchiffré un acte plus ou moins difficilement, et pour s'éviter la peine de retâtonner à chaque fois qu'on aura besoin de se référer à l'acte (cela arrive plus souvent qu'on ne le croit, et d'autant plus que l'acte est long ou riche en informations), autant le transcrire dans la foulée !
Par convention pour pouvoir "comparer" le texte original avec sa transcription (n'importe qui pourra aller au passage de l'original qui l'intéresse), et pour mieux revenir sur des mots qu'on n'aurait pas réussi à déchiffrer lors d'une première lecture, on réécrit le texte selon la même mise en forme que le texte initial. Par exemple, on marque les retours à la ligne et les sauts de ligne au même endroit, on conserve (ou on améliore a minima) la ponctuation dont nos ancêtres étaient particulièrement avares, on laisse l'orthographe désormais désuète d'un mot dans la mesure où il reste compéhensible sans trop de difficulté, ... L'essentiel est de garder le même esprit que celui du document original, quitte à ce qu'il ne se lise pas de manière aussi coulée qu'un texte contemporain (qu'il n'est de toute façon pas...). On peut aussi ajouter le numéro de la ligne, toutes les cinq ou dix lignes par exemple, pour se repérer plus facilement.
Transcrire un texte permet aussi à une personne qui ne pratique pas la paléographie avec autant d'aisance que le généalogiste, de découvrir comme s'il le lisait, un acte ancien.

Transcrire un texte prend toutefois beaucoup de temps, que ce soit celui de son déchiffrage, que celui de sa mise au propre : passer d'une écriture du XVIIème siècle sur un papier jauni écrit à la plume, au clavier de son ordinateur avec traitement de texte, nécessite une certaine gymnastique du cerveau qui chauffe vite (avec quelques nuances selon son niveau d'entraînement dans la paléographie et la dactylographie)... Dans l'idéal, même pour un travail personnel de recherches généalogiques familiales, retranscrire le document in extenso permet d'être sûr que rien ne manque. On réservera donc cet exercice aux documents a priori les plus importants, ou pourquoi pas, en repérant sur une copie de l'original les parties retranscrites.
C'est d'ailleurs en transcrivant un document qu'on arrivera à mieux déchiffrer les mots qui nous échappent à la première ou la deuxième lecture, par association d'idées sur les blancs au milieu d'une phrase. La transcription permet aussi de mieux saisir le sens du document et les informations qu'il contient. Celle-ci est donc d'autant plus utile quand il s'agit non seulement de lire une écriture ancienne, mais aussi de comprendre un langage abscons au vocabulaire et aux codes qui peuvent ne pas nous être familiers.

Transcrire un document ancien prend du temps, qu'on gagne toujours quand on voudra s'y référer alors qu'on ne s'y attendait pas forcément. Transcrire un acte ardu permet aussi de mieux en comprendre le contenu. Transcrire un acte permet enfin de transmettre directement le fruit de son travail à autrui.


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Article écrit par Chantal, le 23 juin 2014

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