En ce mois de novembre, je vous propose un petit hommage à tous les Poilus en vous faisant découvrir un jeu de société qui leur est consacré.
Le jeu « Les Poilus » nous plonge dans les conditions de vie des soldats dans les tranchées et leurs craintes face aux différents éléments de leur environnement quotidien. Si la collaboration entre les différents joueurs est indispensable pour trouver la paix et remporter la partie, elle n’est pas forcément suffisante...

Labellisé Mission Centenaire 14-18, le jeu « Les Poilus » se joue entre deux et cinq joueurs à partir de 10 ans. Une partie se joue en environ trente minutes[1]. Il a été créé en 2015 par Fabien Riffaud et Juan Rodriguez et les graphismes ont été réalisés par Tignous.

Incarner un Poilu au milieu des tranchées

Chaque joueur incarne un Poilu, au nom tiré des propres ancêtres des auteurs ou imaginé, et doit collaborer avec les autres dans le but de terminer la partie en dévoilant la colombe de la Paix.
Au cours des missions, différentes cartes de jeu nous plongent dans les conditions de vie des tranchées et des vécus des Poilus. Ainsi, les cartes « menaces » nous plongent tantôt dans la nuit, sous une pluie battante ou sous la neige, phénomènes climatiques auxquels se mêlent différentes munitions qui nous assaillent, telles que des obus ou des gaz toxiques. Les cartes « coup dur » nous rappellent combien les Poilus ont été marqués par tous ces évènements et témoignent de leurs caractères le plus souvent meurtris, à travers différents traumatismes, phobies ou fragilités bien réalistes.
Quelques cartes du jeu

Quelques cartes du jeu Les Poilus.
(source : © Scribavita)

Un jeu difficile au premier abord, mais qui nous prend de plus en plus au fur et à mesure qu’on joue

J’ai fait ma première (et malheureusement unique) partie notamment aux côtés de ma sœur, grande amatrice et créatrice de jeux de société. Comme elle y avait déjà joué quelques fois, elle nous a expliqué les règles[2]. Malgré cela, tant qu’on n’avait pas commencé la partie, le jeu restait assez confus, tant les types de cartes semblent au premier abord différentes et les actions à faire, multiples. Ce n’est qu’au bout de trois-quatre missions (une partie peut en compter environ une dizaine) qu’on se prend vraiment au jeu et que la partie devient palpitante. En effet, les missions passant, les difficultés s’accumulent, à l’image des Poilus qui pouvaient être de plus en plus accablés par les conditions dans lesquelles ils vivaient au fur et à mesure de l’avancée de la guerre.
Une partie en cours

Une partie en cours.
(source : © Scribavita)

Le jeu devient donc plus intéressant, les difficultés croissantes nous obligeant à davantage de réflexion. Si au fil des missions, on voit la paix se rapprocher, on est de plus en plus contraint pour progresser. Il s’en est failli de peu que la mort nous emporte, et c’est par l’arrivée heureuse de Noël que nous avons été sauvés ! Nous avons toutefois échoué juste après, à un cheveu de la paix, et c’est avec désarroi que, tous ensemble, nous avons perdus, découvrant le Monument aux Morts gravé du nom des Poilus que nous incarnions et de ceux de nos amis.

Un jeu de réflexion dont l’un des fondements est la coopération et l’entraide entre les joueurs

Outre la thématique et la possibilité de nous plonger d’une belle manière dans ces heures sombres de l’Histoire, l’un des principaux intérêts de ce jeu réside pour moi dans l’esprit collaboratif qu’il recèle : tout le monde joue ensemble et pour tout le monde, c’est ensemble que l’on gagne ou ensemble que l’on perd. Chaque moment de jeu doit donc être réfléchi pour tenir compte de ses propres faiblesses, mais aussi et surtout de celles de ses pairs. Les évènements que l’on engendre au cours de chaque mission, ou les soutiens que l’on peut apporter aux autres à la fin de chacune d’elles, devront se faire en tenant compte de la situation dans laquelle on se trouve à l’instant et des handicaps de ses amis.

Un jeu aux règles un peu complexes, mais à essayer voire à posséder, surtout par les amateurs d’Histoire... et de jeux de société

Au final, le jeu Les Poilus vaut le détour, car il permet de se mettre très modestement dans la peau de ces personnes dont (presque) toute famille compte un membre parmi ses ancêtres[3]. Sans jamais aborder directement la guerre, il en parle très justement, nous faisant revivre la solidarité qui a pu régner entre les soldats, amis d’infortune, via le mode coopératif sur lequel ce jeu est basé. Il nous permet aussi d’imaginer leur vécu, leurs émotions et leurs craintes, à travers les différentes cartes dont on hérite au fil du jeu. Son graphisme est très réussi, sa jouabilité est agréable et pas trop complexe (une fois toutes les subtilités des règles assimilées[4]), tout en obligeant les joueurs à réfléchir, la place du hasard étant juste suffisante.
Malgré des explications claires et une mise en page irréprochable, le seul bémol se situerait dans les règles du jeu, plutôt complexes à s’approprier (a fortiori pour des personnes qui n’ont pas beaucoup l’habitude de jouer à des jeux de société)[5]. A noter qu’une extension, sortie en mars dernier, promet de rendre la jouabilité plus aisée et les règles plus simples...


Photos d’illustration : © Scribavita

[1] Ma première partie a toutefois dû durer près d’une heure
[2] Vous pouvez télécharger les règles et visionner le trailer sur le site officiel du jeu Les Poilus
[3] Je n’ai aucun Poilu parmi mes ancêtres directs, mais après avoir bien cherché, je sais pourquoi...
[4] Trois niveaux de difficulté sont possibles, ma partie en est restée au premier
[5] Visionner un début de partie commenté sur le site du jeu permet de mieux s’approprier les règles ; attention si vous les regardez sans jouer juste après, vous pourriez croire à une complexité du jeu qui ne l’est pas tant que ça : rien ne vaut la pratique !

Article écrit par Chantal, le 10 novembre 2016

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