Dans son article « Triple mariage à Verdigny », Elodie nous raconte comment trois frères et sœur se sont mariés à deux frère et sœur et la cousine germaine de ceux-ci. En lisant cet article, je me suis rappelé avoir rencontré également dans ma généalogie trois mariages le même jour entre membres de mêmes familles. A mon tour d’aborder le geneatheme de février et la généalogie insolite en vous donnant un aperçu d’une endogamie dont je n’ai pas fini de détricoter les fils.

Le 16 février 1813 à 10 heures du matin, le maire de Preuille (commune désormais rattachée à celle d’Audes) dans l’Allier va enchaîner trois mariages :

  1. Antoine BAUJON, vigneron âgé de 56 ans, et Anne GEORGES (ma SOSA n°245), 55 ans ;
  2. Gilbert SOULIER, cultivateur de 25 ans, et Anne BAUJON, âgée de 19 ans ;
  3. Gabriel BARJEMAIN, vigneron, 27 ans, et Marguerite Rosalie SOULIER, 33 ans.

Comme les patronymes et les âges le laissent penser, Anne BAUJON est bien la fille d’Antoine ; Gilbert SOULIER et Marguerite Rosalie SOULIER sont bien frère et sœur. Mais pas seulement...
Les actes de mariages détaillent un peu plus les états civils de chacun des époux. On apprend donc facilement que :

  • Antoine BAUJON est veuf en dernières noces de Jeanne RIBODEAUD, décédée le 30 avril 1812 ;
  • Anne GEORGES est veuve de Louis SOULIER, décédé le 30 Frimaire An XIV (21 décembre 1805) ;
  • Gilbert SOULIER et Marguerite Rosalie SOULIER sont bien les enfants de Louis SOULIER et d’Anne GEORGES ;
  • Anne BAUJON est bien la fille d’Antoine BAUJON, mais aussi de Marie LIMOGES, décédée à Vaux.

Ces trois mariages permettent donc :

  • à Antoine de marier sa fille à celui qui devient donc son gendre mais qui était devenu 5 minutes plus tôt son beau-fils, mais aussi de se marier avec la tante de sa nouvelle bru (information déduite des recherches supplémentaires; cf. plus bas) ;
  • à Anne de marier deux de ses enfants le même jour, l’un à un « inconnu » (enfin, quelqu'un qui n’est pas dans le cercle familial que j’ai identifié) et l’autre à celle qui devient donc sa bru juste après être devenue sa belle-fille ;
  • à Gilbert d’avoir un nouveau beau-père au carré : à la fois par le mariage de sa mère et par son propre mariage ;
  • à Gilbert et Anne de se marier tout en étant devenus demi-frère et sœur par respectivement leur mère et leur père, désormais mariés.

Vous avez mal à la tête, vous aussi ?!...
Et pourtant, tous ces croisements étaient déjà une habitude de familles... Quelques recherches complémentaires m’ont en effet permis de découvrir d'autres mariages endogamiques. On remarquera d'ailleurs que contrairement aux mariages consanguins sur plusieurs générations que j'avais rapportés dans un précédent article, ici, on n'a pas de consanguinité.
Le tableau ci-dessous synthétise quelques mariages intrafamiliaux sur deux générations. Chaque individu est repéré par une même couleur, les mariages à des dates identiques sont également de la même couleur. Je n'ai indiqué que les noms des individus qui nous intéressent. Je suspecte encore d’autres liens de parentés, mais j’en resterai à ceux que j’ai clairement identifiés.

Tableau avec quelques mariages endogamiques

Quelques mariages endogamiques. Cliquer pour zoomer.

Sans doute tous ces vignerons et cultivateurs possédaient-ils de nombreuses terres qu’ils préféraient conserver en famille.
Carte de localisation

Preuille, Audes et Vaux (Allier) sur la carte de Cassini (source : geoportail).

A leur « décharge », les communes de Vaux, Audes et Preuille (éloignées de 8 kilomètres pour les deux plus distantes) étaient plutôt peu peuplées : environ 500 habitants dans chacun des village de Vaux et d’Audes, et moins de 150 à Preuille. Forcément, on finit toujours par tous se croiser...


Sources :

Article écrit par Chantal, le 27 février 2017

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